L'An 30

L’institut

Pourquoi « L’An 30 » ?

L’An 30 est d’abord le titre d’un roman d’anticipation de Thierry Curty, fondateur de l’Institut et auteur d’une pensée systémique très élaborée, socle des objectifs de l’Institut. Le roman, encore en cours d’écriture, est imaginé pour donner corps à une vision de la transition systémique du XXIᵉ siècle. Son personnage principal, Julien, a 67 ans. Il se souvient de sa vie en 50, lorsqu’il avait 20 ans. Né en 30, juste après la crise de 29 — pas celle de 1929, celle de 2029.

Ce léger déplacement temporel résume assez bien l’intention du roman : regarder notre époque depuis un avenir où les grandes crises du début du siècle relèvent déjà de l’Histoire. Le monde qu’il décrit n’est ni une prédiction, ni une utopie. C’est une hypothèse de civilisation : une société qui aurait appris à articuler autrement ses connaissances, ses technologies, son économie, son industrie, son organisation sociale et son rapport à l’environnement.

L’An 30 est ainsi moins une date qu’un point de départ.

…Et c’est aussi celui de l’Institut. Il n’y a pas de lien physique entre le roman et l’ITS, uniquement moral, il n’est qu’un référentiel. Le roman porte l’espoir de la transition systémique qui est la solution qu’il faut développer.

Penser la transition comme un système

L’Institut de Transition Systémique — L’An 30 est un espace de réflexion, de coopération et de production collective consacré aux grandes transformations du XXIᵉ siècle. Son objectif est de contribuer au développement d’une vision intégrale de l’avenir, humainement désirable et écologiquement plausible, à partir de ce qui existe déjà et de ce qui reste à développer.

La transition ne peut en effet être pensée par fragments. Énergie, ressources, environnement, industrie, technologies, économie, travail, démocratie ou organisation sociale interagissent en permanence. Une transformation engagée dans un domaine produit des effets dans les autres. L’enjeu n’est donc pas d’accumuler des solutions isolées, mais de comprendre comment elles peuvent fonctionner ensemble afin de produire l’intelligence de leurs interactions futures à l’aune de la multitude de murs auxquels l’Humanité se confronte, avec la fin du modèle du XXe siècle, le réchauffement climatique à combattre, un environnement à dépolluer et régénérer, des liens sociaux nouveaux à installer en remplacement du modèle où le travail en faisait office.

Un Institut fondé sur le travail collaboratif

Le site de L’An 30 n’est pas seulement la vitrine de l’Institut. Il en constitue le principal outil de travail. Les membres disposent d’un forum pour confronter leurs analyses, partager des sources, développer des hypothèses et travailler collectivement sur des propositions. Ils restent cependant libres de s’organiser comme ils le souhaitent : constituer des groupes de travail, échanger ailleurs, consulter des spécialistes ou utiliser leurs propres outils de communication.

Ce qui importe n’est pas le lieu où le travail s’effectue, mais ce qu’il produit. Lorsqu’une réflexion collective atteint une maturité suffisante, elle est synthétisée sous la forme d’une fiche. Celle-ci est intégrée au site par un administrateur et vient enrichir la base de transition systémique accessible à tous. Le contenu de l’ITS n’est donc pas conçu comme un corpus figé. Il évolue avec les connaissances, les propositions, les discussions et le travail de ses membres.

De la connaissance à la construction collective

Pour alimenter cette réflexion, les membres disposent d’une vaste base de connaissances consacrée aux multiples dimensions de la transition. Elle rassemble des travaux, des références, des technologies, des expérimentations et des concepts permettant de partir de ce qui est déjà connu plutôt que de recommencer chaque réflexion depuis son origine.

À cette base documentaire s’ajoute une base de transition systémique : un ensemble structuré de fiches consacrées aux solutions, aux transformations envisageables, à leurs interactions et à leurs conséquences.

Les deux sont complémentaires. La connaissance nourrit la réflexion. La réflexion fait émerger de nouvelles propositions. Ces propositions conduisent à leur tour à rechercher de nouvelles connaissances et à établir des relations entre des domaines jusque-là traités séparément. L’objectif n’est donc pas seulement de documenter le changement, mais de contribuer à son architecture.

Co-développer plutôt que prescrire

L’Institut n’a pas vocation à produire une doctrine que ses membres auraient ensuite pour mission de défendre, la démarche est inverse. Les propositions doivent pouvoir être discutées, corrigées, complétées, confrontées à d’autres approches et révisées lorsque les connaissances, les technologies ou la société évoluent. Cette méthode permet d’envisager la transition systémique comme un processus de co-développement démocratique.

Il ne s’agit pas de prétendre connaître par avance la forme exacte du monde de demain, mais de construire progressivement autour de la trajectoire tracée une vision suffisamment cohérente pour identifier des voies possibles, détecter leurs incompatibilités et comprendre les transformations qu’elles rendent envisageables.

Une grande partie des solutions dont nous avons besoin existe déjà, au moins partiellement. Elles sont simplement dispersées entre chercheurs, entreprises, institutions, associations, ingénieurs, citoyens et territoires. L’un des rôles de l’Institut est de les identifier, de les relier et de contribuer à faire émerger de leur combinaison une vision d’ensemble.

Le roman L’An 30 en propose une première représentation. L’Institut a pour vocation de la discuter, de l’enrichir, de la confronter au réel — et surtout de permettre à chacun de participer à sa construction.