Le contributisme : distribuer la création de valeur au-delà de l’emploi

ID: 149 Modified UTC: 2026-09-16T22:54:47+00:00 Canonical URL: https://its-lan30.org/fiche/le-contributisme-distribuer-la-creation-de-valeur-au-dela-de-lemploi/ Text URL: https://its-lan30.org/ia/fiche/149/ Complement URL: https://its-lan30.org/ia/complements/149/ Categories: Citoyenneté et participation | Coopération et communs | Démocratie | Démographie | Économie | Entreprise | Finance et monnaie | Robotique et automatisation | Transition sociétale | Travail et emploi | Vivre ensemble Tags: activité contributive | activité économique | automatisation | autonomie économique | communs | contribution collective | contribution économique | contribution individuelle | contributisme | coopération locale | création de richesse | création de valeur | diversité économique | économie collaborative | économie contributive | économie des communs | économie territoriale | fin de l’emploi | financement participatif | gains de productivité | initiative individuelle | innovation citoyenne | innovation distribuée | intelligence collective | libération du temps | participation citoyenne | participation économique | pollinisation | productivité | revenu contributif | revenu de base | revenu et activité | revenu universel | société contributive | société post-travail | sortie du salariat | transition sociétale | valeur environnementale | valeur sociale | valeur sociétale | Yann Moulier Boutang Portals: societe

Repere de routage

contributisme · économie contributive · activité économique · création de valeur · revenu contributif · temps libéré · pollinisation · intelligence distribuée · innovation · autonomie économique [partage] Comment reconnaître économiquement la valeur créée en dehors de l’emploi ?

Reperes conceptuels indexes

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Comment reconnaître économiquement la valeur créée en dehors de l’emploi ?

Le contributisme donne une place productive au temps libéré, aux savoirs, aux projets collectifs et aux contributions qui échappent au salariat.

Contenu integral

Le contributisme part d’un constat simple : dans l’économie actuelle, la participation de l’individu à la création de richesse est principalement reconnue lorsqu’elle prend la forme d’un emploi. Pourtant, une société produit aussi de la valeur en dehors du salariat : création de connaissances, logiciels libres, activités associatives, projets collectifs, restauration d’un territoire, transmission de compétences, innovation ou entretien de communs.

**Le contributisme consiste à donner une place économique à cette création de valeur distribuée.**

Il ne s’agit pas de rémunérer chaque activité humaine. Une passion, une conversation, la vie familiale ou les relations sociales n’ont pas vocation à devenir des prestations tarifées. Le contributisme ne cherche pas à étendre le travail à toute l’existence, mais au contraire à permettre une activité économique qui ne soit plus nécessairement organisée sous la forme d’un emploi permanent.

Cette évolution devient particulièrement importante avec l’automatisation. Machines, logiciels, robotique et intelligence artificielle permettent de produire davantage avec moins d’intervention humaine. Une partie du temps autrefois nécessaire à l’exécution productive peut donc devenir disponible sans que la capacité de production de la société diminue.

[La fin progressive du travail contraint peut ainsi faire apparaître un humain davantage contributif.](https://thierrycurty.fr/la-fin-du-travail-naissance-de-lhumain-contributif/) Une personne disposant de temps et d’une sécurité matérielle suffisante peut apprendre, expérimenter, entreprendre, documenter une solution, rejoindre un projet collectif ou mettre une compétence au service d’une communauté sans devoir préalablement trouver un employeur disposé à acheter son temps.

Cette activité peut produire une valeur considérable sans toujours apparaître directement dans une transaction. L’image de la **pollinisation** l’illustre bien : l’abeille ne produit pas seulement du miel ; son activité permet également une production biologique beaucoup plus vaste. De même, celui qui transmet une compétence, entretient un commun ou publie une solution réutilisable peut produire des effets qui dépassent largement la valeur immédiatement mesurable de son intervention.

Le contributisme cherche donc à reconnaître cette **valeur diffuse** sans prétendre transformer chaque contribution en microfacturation. Il ne s’agit pas de remplacer le salariat par une multitude de petites tâches payées à l’unité, mais de permettre à l’individu de contribuer avec davantage d’autonomie.

Cette reconnaissance doit cependant ouvrir des droits économiques. Demander aux individus de contribuer gratuitement pendant que la valeur produite est captée ailleurs ne constituerait pas une économie contributive. **Lorsqu’une contribution identifiable crée de la valeur, celui qui la fournit doit pouvoir bénéficier d’une partie de cette valeur**, directement ou par des mécanismes collectifs.

Rémunération contributive, participation, propriété distribuée, accès à des communs ou revenus assurant une autonomie matérielle peuvent ainsi se combiner avec l’emploi traditionnel. Celui-ci ne disparaît pas : certaines fonctions continueront à exiger une présence régulière et beaucoup de personnes souhaiteront exercer un métier structuré. Mais l’emploi cesse progressivement d’être l’unique voie normale de participation économique.

Le contributisme transforme ainsi la relation entre activité, revenu et création de valeur. Dans l’économie salariale, l’individu contribue principalement en intégrant une organisation qui lui attribue une fonction. Dans une économie contributive, **il peut également devenir directement acteur de la création de richesse collective**.

La diminution du travail contraint ne conduit donc pas nécessairement à moins d’activité humaine. Elle peut au contraire libérer du temps, des compétences et des initiatives aujourd’hui enfermés dans la nécessité de l’emploi.

 

Note

Le contributisme est présenté ici comme un cadre de transition : il ne suppose ni de rémunérer toute activité humaine ni de supprimer le salariat.

Relations conceptuelles

**S’appuie sur :** *Travail et activité : distinguer la contrainte de l’activité humaine* ; *La fin de l’emploi n’est pas la fin de l’activité humaine*.

**Est rendu possible par :** l’automatisation, l’augmentation de la productivité et la diminution progressive du besoin de travail humain d’exécution.

**Transforme :** la relation entre activité, création de valeur, revenu et emploi.

**Permet :** à une nouvelle couche socio-économique progressivement libérée de la condition salariale stricte de participer directement à la création globale de richesse.

**Reconnaît :** qu’une partie de la valeur produite par l’activité humaine est diffuse, indirecte et insuffisamment captée par la comptabilité marchande traditionnelle.

**Favorise :** l’intelligence distribuée, l’innovation, les projets territoriaux, l’économie collaborative, les associations et les communs.

**Dépend de :** mécanismes garantissant une autonomie économique suffisante et permettant de reconnaître la contribution sans transformer systématiquement toute activité en emploi ou en microprestation.

**Ne se confond pas avec :** le bénévolat, le revenu universel pris isolément, la monétisation de toute activité humaine ou la multiplication des petits contrats marchands.

**Conduit à :** *La contribution personnelle doit ouvrir droit à une part de la valeur créée*.

**Prépare :** *Le capitalisme des parties prenantes comme phase de transition* ; *Du capitalisme aux communs : quand la valeur devient plus utile partagée que possédée* ; *La cinquième économie : une économie post-travail*.

Repères conceptuels

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Comment reconnaître économiquement la valeur créée en dehors de l’emploi ?

Le contributisme donne une place productive au temps libéré, aux savoirs, aux projets collectifs et aux contributions qui échappent au salariat.