FICHE 570 — Préserver le XXe siècle détourne le capital du développement mondial

ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES

Le capital mobilisé par une dette publique a un coût d’opportunité mondial

Une somme placée dans une obligation souveraine ne finance pas simultanément une infrastructure, une entreprise ou un réseau énergétique ailleurs. Lorsque les besoins de financement public des économies avancées augmentent fortement, ils peuvent concurrencer le capital productif recherché par les économies émergentes.

Les actifs sûrs des économies avancées fixent une référence de rendement

Si une obligation liquide et peu risquée offre davantage, un projet industriel plus risqué dans une économie émergente doit proposer un rendement supérieur pour attirer le même capital. La hausse des taux souverains peut donc transmettre une augmentation du coût du financement au reste du monde.

Le problème n’est pas toute dette publique mais sa fonction

Une dette finançant recherche, infrastructure ou transition peut elle-même créer de la capacité future. La critique porte sur l’endettement durable consacré à maintenir des structures arrivées en fin de cycle sans accroître suffisamment la capacité productive ou d’adaptation.

Le manque de capital privé peut pousser les pays en développement vers une dette publique plus coûteuse

Lorsque les investissements productifs manquent, l’État doit financer lui-même les infrastructures nécessaires au développement. Des taux plus élevés absorbent alors une part croissante des recettes et réduisent encore les marges d’investissement.

Financer le développement extérieur n’est pas nécessairement une perte pour les économies avancées

Nouvelles infrastructures, entreprises et revenus créent des marchés, compétences et partenaires futurs. Le capital productif peut donc générer des retours économiques directs ou indirects au lieu d’être assimilé à une aide sans contrepartie.

La transition mondiale dépend de l’allocation du capital autant que de son volume

Les besoins de décarbonation et de développement sont massifs. Orienter l’épargne vers les infrastructures du XXIe siècle peut donc être une condition de la transition globale, tandis que l’immobiliser dans la préservation de structures anciennes peut retarder simultanément développement et écologie.