FICHE 550 — Le nucléaire peut accélérer la transition sans en être le socle
ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES
Utilité du nucléaire et nécessité du nucléaire sont deux questions différentes
Un réacteur bas-carbone capable de remplacer du charbon ou du gaz peut accélérer efficacement la décarbonation. Cette utilité locale ou nationale ne démontre pas que le système énergétique mondial doive reposer principalement sur le nucléaire.
La contrainte principale du nucléaire neuf est industrielle et financière plutôt que physique
Un grand réacteur produit énormément d’énergie une fois construit, mais immobilise un capital très important pendant plusieurs années avant toute recette. Sa contribution dépend donc autant du temps de construction, du coût du capital et de la continuité industrielle que de ses performances énergétiques.
Le nucléaire existant et le nucléaire neuf doivent être distingués
Une centrale déjà construite, sûre et amortie peut fournir longtemps une électricité bas-carbone compétitive. Les difficultés de financement et de délai concernent surtout les nouveaux grands réacteurs ; fermer prématurément un parc existant ne découle donc pas de la critique du nucléaire neuf.
Le coût d’opportunité du capital compte dans le choix énergétique
Un capital immobilisé pendant de longues années dans un projet ne peut pas financer simultanément réseaux, interconnexions, renouvelables, électrification ou stockage. Chaque investissement nucléaire doit donc être comparé aux autres usages possibles du même capital et du même temps.
Les renouvelables changent l’échelle de la question énergétique
Leur potentiel physique est très supérieur aux besoins et leur déploiement est distribué et progressif : chaque tranche peut produire avant l’achèvement des suivantes. La contrainte devient alors l’architecture du système — réseaux, foisonnement, flexibilité, stockage et couplage sectoriel — plutôt qu’un manque global de ressource énergétique.
Les technologies nucléaires futures doivent être évaluées lorsqu’elles deviennent industrielles
SMR, quatrième génération ou standardisation peuvent modifier coûts et délais. Elles ne doivent toutefois pas recevoir aujourd’hui une capacité industrielle qu’elles n’ont pas encore démontrée ; la transition doit être construite avec les technologies réellement déployables au moment où les fossiles doivent être remplacés.