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La contribution personnelle doit ouvrir droit à une part de la valeur créée

Une économie peut produire toujours davantage de richesse sans que cette richesse revienne nécessairement à ceux qui contribuent effectivement à sa création. Cette dissociation entre création de valeur et droits sur la valeur créée devient particulièrement importante dans une économie plus automatisée, distribuée et interdépendante.

L’entreprise contemporaine ne produit jamais seule sa valeur. Elle dépend de ses salariés, fournisseurs et clients, mais aussi d’infrastructures publiques, de connaissances accumulées, de logiciels, de standards, de territoires, de réseaux et parfois de communautés d’utilisateurs. La valeur apparaît donc au sein d’un écosystème de contributions, alors que les droits économiques restent largement attachés à quelques statuts : propriétaire, actionnaire, salarié ou créancier.

Le problème n’est pas que le capital soit rémunéré. Investissement et prise de risque restent indispensables. La difficulté apparaît lorsque la forme juridique de la participation détermine presque entièrement le droit sur la richesse produite, indépendamment de la diversité réelle des contributions.

L’économie numérique rend cette contradiction particulièrement visible. Une plateforme peut tirer une part importante de sa valeur de ses utilisateurs ; une communauté peut enrichir un corpus de connaissances ou améliorer un logiciel ; des contributeurs peuvent créer des briques technologiques ouvertes exploitées ensuite commercialement. Dans chacun de ces cas, la valeur est distribuée dans sa production alors que les droits économiques peuvent rester concentrés.

Le principe contributif consiste précisément à rapprocher les deux. Il ne suppose pas de calculer avec une précision absolue la part imputable à chacun. Il établit un principe : lorsqu’une contribution identifiable participe à une création de valeur, l’économie doit pouvoir ouvrir au contributeur un droit sur une partie de cette valeur.

Ce droit peut prendre plusieurs formes. Une rémunération directe peut reconnaître certaines contributions hors emploi. Une propriété plus distribuée peut permettre à davantage de contributeurs de bénéficier de la valeur accumulée. La participation aux résultats, l’accès à des communs ou le financement d’infrastructures collectives peuvent également restituer de la valeur autrement qu’au travers du seul salaire.

Cette question devient décisive avec l’automatisation. Dans l’économie industrielle, une grande partie de la richesse retournait à la population sous forme de salaires parce que la production exigeait beaucoup de travail humain. Lorsque machines, logiciels et intelligence artificielle permettent de produire davantage avec moins de salariés, cette voie de distribution peut se contracter alors même que la richesse continue d’augmenter.

Le problème n’est pas l’automatisation, mais une architecture distributive conçue pour une économie dans laquelle le travail humain était beaucoup plus nécessaire. Si la production devient plus automatisée tandis que les droits durables restent principalement attachés à la propriété, la concentration de la richesse peut mécaniquement s’accentuer.

Le contributisme ne consiste donc pas simplement à trouver de nouvelles occupations lorsque l’emploi recule. Il transforme la logique de répartition : la contribution devient elle-même une source de droits économiques, sans devoir nécessairement prendre la forme d’un emploi permanent ou d’un apport financier traditionnel.

Salariés, entrepreneurs, investisseurs, utilisateurs, collectivités et contributeurs peuvent ainsi devenir différentes parties prenantes d’un même processus de création de valeur. Leurs contributions ne sont pas identiques et n’ouvrent pas nécessairement les mêmes droits, mais aucune raison économique n’impose que seule la propriété financière bénéficie durablement de la richesse accumulée.

Une société contributive ne cherche donc pas seulement à redistribuer après coup une richesse déjà concentrée. Elle cherche à faire de la distribution une propriété du processus de création lui-même.

Plus la valeur devient distribuée dans sa production, plus les droits sur cette valeur peuvent eux aussi devenir distribués.

Note

Le principe proposé porte sur la reconnaissance économique des contributions identifiables, sans nier la rémunération du capital, du risque ou du travail.

Relations conceptuelles

S’appuie sur : Le contributisme : distribuer la création de valeur au-delà de l’emploi.

Répond à : la dissociation croissante entre une création de valeur distribuée et des droits économiques encore principalement attachés à la propriété du capital ou à l’emploi.

Établit comme principe : qu’une contribution identifiable à la création de valeur doit pouvoir ouvrir un droit économique, sans supposer qu’une mesure parfaite de chaque contribution soit possible.

Devient particulièrement nécessaire avec : l’automatisation et la diminution progressive de la part du travail humain directement nécessaire à la production.

Peut prendre la forme de : rémunération contributive, participation aux résultats, propriété distribuée, accès à des communs ou bénéfice d’infrastructures collectives.

Transforme : la distribution de la richesse en l’intégrant davantage au processus de création de valeur plutôt qu’en la limitant à une redistribution après coup.

Ne se confond pas avec : une redistribution uniforme indépendante de toute contribution.

Contribue à : diversifier les sources de revenu et à éviter que les gains de productivité issus de l’automatisation ne bénéficient exclusivement aux propriétaires des systèmes productifs.

Prépare : Le capitalisme des parties prenantes comme phase de transition ; Du capitalisme aux communs : quand la valeur devient plus utile partagée que possédée ; L’attrition du coût marginal transforme le capitalisme.

Repères conceptuels

création de valeur · contribution · droits économiques · répartition de la richesse · parties prenantes · automatisation · revenu · capital · propriété distribuée · communs

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Étiquettes

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