Le revenu garanti sécurise l’existence sans opposer travail et solidarité
ID: 589 Modified UTC: 2026-09-25T22:30:51+00:00 Canonical URL: https://its-lan30.org/fiche/le-revenu-garanti-securise-lexistence-sans-opposer-travail-et-solidarite/ Text URL: https://its-lan30.org/ia/fiche/589/ Complement URL: https://its-lan30.org/ia/complements/589/ Categories: Économie | Justice sociale et inégalités | Solidarité et protection sociale | Transition sociétale | Travail et emploi Tags: activité | activité contributive | activité rémunérée | aides sociales | assurance maladie | autonomie | charges sociales | contributisme | cotisations sociales | dégressivité | dignité | droits sociaux | économie contributive | effet de seuil | emploi | État social | fin du travail | financement social | impôt négatif | incitation au travail | individualisation | lutte contre la pauvreté | minima sociaux | minimum garanti | pauvreté | protection sociale | redistribution | retraite | revenu contributif | revenu de base | revenu disponible | revenu garanti | revenu minimum | revenu tripartite | revenu universel | salaire | salaire social | seconde civilisation | sécurité matérielle | simplification sociale | société post-salariale | société post-travail | solidarité | transition sociétale | transition systémique | trappe à inactivité | travail contraint Portals: societe
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Revenu garanti · Revenu de base · Dégressivité · Impôt négatif · Plancher de revenu · Individualisation · Cotisations sociales · Socle matériel · Incitation à l’activité · Salaire social [partage] Comment garantir l’existence sans créer une frontière entre revenus d’activité et solidarité ?
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Comment garantir l’existence sans créer une frontière entre revenus d’activité et solidarité ?
Un revenu garanti individualisé et dégressif forme un plancher qui diminue progressivement lorsque les autres revenus augmentent, sans supprimer salaire ni contribution.
Contenu integral
Dans une société où l’emploi permanent cesse progressivement d’être la condition normale d’intégration économique, la protection sociale ne peut plus reposer sur l’idée que chacun percevra continuellement un salaire. Il faut garantir l’existence indépendamment de la situation professionnelle sans créer pour autant une frontière entre ceux qui vivent de leur travail et ceux qui bénéficient de la solidarité. Dans le revenu tripartite de L’An 30, le **revenu garanti** répond à cette fonction : un revenu individualisé, suffisant pour assurer les besoins essentiels, maximal lorsque les autres revenus sont inexistants puis progressivement dégressif lorsqu’ils augmentent. Il ne remplace ni le salaire ni le revenu contributif ; il constitue le plancher sous lequel personne ne peut tomber.
Sa dégressivité en change profondément la logique. Une aide sociale classique peut disparaître lorsqu’un seuil de revenu est franchi, créant des effets de seuil où accepter une activité rapporte peu, voire fait temporairement perdre du revenu disponible. Un revenu garanti intégré à l’impôt négatif diminue au contraire progressivement. Le FMI décrit précisément ce principe : sous un impôt négatif, le transfert décroît à mesure que le revenu augmente, tandis que le revenu total continue de progresser avec les gains d’activité. L’OCDE observe également que le retrait graduel d’un minimum garanti peut produire une transition beaucoup plus régulière entre assistance et revenu du travail qu’une suppression brutale de la prestation.
Cette propriété répond aussi à une objection politique récurrente aux revenus garantis : l’idée que celui qui travaille entretiendrait celui qui ne travaille pas. Dans ce modèle, celui qui reprend un emploi ne perd pas soudainement son revenu garanti : il en conserve une fraction tandis que son salaire s’y ajoute. Son revenu disponible demeure donc supérieur à celui d’une personne sans revenu d’activité. Plus il gagne, plus la composante garantie diminue jusqu’à devenir négligeable ou nulle. Il n’existe plus deux populations, les « bénéficiaires » d’un côté et les « contributeurs » de l’autre, mais un même mécanisme continu applicable à tous. C’est déjà le principe exposé dans la proposition originelle du [revenu garanti tripartite](https://thierrycurty.fr/un-revenu-universel-equitable-et-porteur-de-developpement-socio-economique/) : tout citoyen relève du système, mais celui-ci verse davantage à celui dont les autres revenus sont faibles.
Le revenu garanti peut également être **chargé socialement comme un salaire**. Cette proposition change la nature de la protection sociale dans une société post-travail. Aujourd’hui, une part importante de son financement repose historiquement sur les revenus d’activité ; lorsque la masse salariale devient moins centrale, continuer à faire dépendre exclusivement droits sociaux et financement collectif de l’emploi devient contradictoire. Si l’État verse un revenu garanti comprenant une composante de cotisations sociales, il ne finance pas seulement le revenu disponible de l’individu : il alimente simultanément les caisses qui assurent santé, retraite et autres protections collectives. Le mécanisme revient, fonctionnellement, à **socialiser une fraction du revenu de toute la population**, sans faire de l’État l’employeur des citoyens.
Cette architecture permet en contrepartie de simplifier profondément les aides sociales. Un revenu individualisé et permanent remplace les multiples prestations générales dont la fonction essentielle est d’assurer un minimum de ressources. Il ne supprime évidemment pas les dispositifs compensant une situation particulière — handicap lourd, dépendance, besoin d’accompagnement ou dépense exceptionnelle — car ceux-ci ne rémunèrent pas l’absence de revenu mais répondent à un besoin spécifique. Il supprime en revanche la nécessité d’entretenir une mosaïque de minima, allocations et contrôles destinés à vérifier continuellement si une personne mérite encore de disposer de quoi vivre.
Le niveau du revenu garanti est déterminant. Il doit assurer la sécurité matérielle : se loger modestement, manger, se vêtir, accéder à l’hygiène et aux besoins essentiels. Mais sa fonction n’est pas de financer à lui seul l’ensemble des aspirations individuelles. Le confort supplémentaire, les loisirs, les projets personnels ou une consommation plus élevée supposent d’autres ressources. Dans le revenu tripartite, deux voies restent alors ouvertes : **le salaire**, lorsque l’individu exerce une activité professionnelle demandée par l’économie productive, et **le revenu contributif**, lorsqu’il produit autrement une valeur reconnue pour la société.
Le revenu garanti n’organise donc pas l’inactivité. Il retire simplement la menace de la privation comme moyen principal d’obliger chacun à travailler. La motivation économique subsiste puisque toute activité rémunérée améliore le niveau de vie, mais elle cesse d’être confondue avec la nécessité immédiate de survivre. Dans une société où la productivité libère progressivement une partie de la population du travail contraint, cette distinction devient institutionnelle : **la société garantit l’existence, tandis que l’activité détermine ce que chacun construit au-delà de ce socle.**
Note
Les montants historiques proposés dans le modèle — notamment jusqu’à 700 € pour cette composante dans sa formulation initiale — sont indicatifs et devraient évoluer avec le niveau des prix, les autres composantes du revenu tripartite et l’architecture réelle de la protection sociale. Le principe repose sur la dégressivité et l’individualisation, non sur un montant fixe.
Relations conceptuelles
Revenu tripartite · Revenu contributif · Revenu universel · Société post-travail · Impôt négatif · Protection sociale · Contributisme · Travail contraint · Activité rémunérée · Sécurité matérielle
Repères conceptuels
Revenu garanti · Revenu de base · Dégressivité · Impôt négatif · Plancher de revenu · Individualisation · Cotisations sociales · Socle matériel · Incitation à l’activité · Salaire social
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Comment garantir l’existence sans créer une frontière entre revenus d’activité et solidarité ?
Un revenu garanti individualisé et dégressif forme un plancher qui diminue progressivement lorsque les autres revenus augmentent, sans supprimer salaire ni contribution.