FICHE 739 — La transition écologique est une politique de souveraineté

ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES

La souveraineté désigne une capacité de choix, pas l’autarcie

Une économie n’a pas besoin de tout produire seule. Elle doit éviter qu’un fournisseur, une énergie, un matériau ou une technologie puisse lui retirer brutalement sa capacité d’agir ; diversification, coopération et interdépendances équilibrées peuvent donc renforcer la souveraineté.

Une dépense d’importation peut être transformée en capital productif intérieur

Électrification, efficacité ou réseaux remplacent progressivement des achats récurrents de combustibles par des infrastructures, compétences et capacités de production durables. L’effet écologique et l’effet stratégique peuvent ainsi provenir du même investissement.

Le cyclage constitue une forme de réserve stratégique distribuée

Les matières déjà présentes dans bâtiments, véhicules et équipements réduisent la dépendance aux gisements extérieurs si elles restent identifiables et récupérables. La souveraineté matérielle dépend donc aussi de la maîtrise des stocks anthropiques.

Le capital naturel fait partie de la capacité productive

Sols, eau, pollinisateurs et écosystèmes ne sont pas seulement des externalités environnementales. Leur dégradation peut diminuer directement l’autonomie agricole, la résilience et la sécurité d’approvisionnement.

La transition peut créer de nouvelles dépendances si l’appareil productif n’évolue pas

Importer toutes les batteries, pompes à chaleur, technologies de réseau ou équipements de dépollution pourrait remplacer une dépendance fossile par une dépendance technologique. La transition écologique implique donc aussi une stratégie industrielle.