FICHE 654 — Remplacer les métaux par du carbone atmosphérique cumule les gains climatiques

ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES

La comparaison pertinente est fonctionnelle, pas tonne pour tonne

Un matériau de substitution doit être comparé au service rendu : résistance, masse, durée d’usage, réparabilité et quantité nécessaire. Une structure plus légère peut remplacer une masse supérieure de métal, de sorte que le bilan ne se déduit pas d’une simple égalité de tonnage.

La substitution peut cumuler plusieurs effets climatiques distincts

Décarboner la production des métaux reste nécessaire, mais réduire la quantité de métal utilisée évite aussi une partie de cette production. Si le matériau de remplacement est en outre fabriqué à partir de carbone atmosphérique, sa production peut ajouter une fonction de retrait du CO2 au gain obtenu par substitution.

L’origine atmosphérique du carbone modifie l’arbitrage entre recyclage et nouvelle production

Dans une filière où fabriquer une nouvelle fibre prélève du carbone atmosphérique supplémentaire, conserver indéfiniment la même matière n’est pas nécessairement toujours l’optimum climatique. Selon l’usage, une nouvelle production peut capter davantage de carbone tandis que l’ancienne matière est maintenue sous forme solide dans un usage moins exigeant.

Le déclassement peut préserver le stockage du carbone

Une fibre qui ne satisfait plus les exigences d’un usage structurel peut encore rester utile dans un produit moins exigeant. Le changement de fonction permet alors de conserver le carbone immobilisé au lieu de le réémettre immédiatement.

Valeur matérielle et service climatique peuvent être additionnels

Un matériau issu du CO2 atmosphérique peut fournir simultanément une fonction économique et une fonction de stockage. Cette double valeur n’existe toutefois que si le cycle complet conserve effectivement le carbone suffisamment longtemps et si le procédé est lui-même compatible avec l’objectif climatique.

Un crédit climatique ne découle pas automatiquement de l’emploi de CO2 atmosphérique

Le caractère net du retrait, son additionnalité, sa permanence et les émissions du cycle de vie doivent être vérifiés. L’analyse de cycle de vie reste donc indispensable pour distinguer une substitution réellement bénéfique d’un simple déplacement d’émissions.