FICHE 652 — Capturer les émissions n’est pas décarboner la production
ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES
Réduire un rejet et transformer le procédé sont deux opérations distinctes
Le captage en sortie peut éviter qu’une partie du CO2 fossile atteigne l’atmosphère sans modifier l’architecture productive qui l’a généré. La décarbonation au sens strict vise d’abord à réduire ou supprimer l’introduction de carbone fossile dans le procédé lui-même.
Un carbone capté n’a pas toujours la même fonction climatique
Empêcher une tonne de carbone fossile d’être émise évite une émission supplémentaire ; retirer une tonne déjà présente dans l’atmosphère réduit le stock hérité. Ces effets sont tous deux utiles mais ne doivent pas être comptés comme équivalents.
La valorisation du CO2 peut créer une mauvaise incitation si l’origine du carbone est ignorée
Un CO2 fossile concentré et peu coûteux à capter peut concurrencer économiquement le carbone atmosphérique. Distinguer l’origine du carbone évite qu’un marché de valorisation ne favorise involontairement le maintien de sources fossiles anciennes.
Le CCS peut rester une technologie de transition ou résiduelle
La critique porte sur son usage comme substitut durable à la transformation des procédés, non sur toute utilisation du captage. Des émissions techniquement difficiles à supprimer peuvent justifier un captage résiduel sans faire de cette solution le modèle industriel futur.