FICHE 638 — La réindustrialisation est en réalité une néoindustrialisation
ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES
La transition industrielle ne consiste pas à demander au capital productif de disparaître
Les capitaux sont attachés à des actifs, des compétences et des rendements prévisibles plus qu’à une technologie particulière. Une transition plus robuste construit donc de nouveaux débouchés industriels capables d’absorber progressivement les investissements qui soutenaient l’ancien système.
Réduire la résistance suppose de créer des intérêts économiques dans le nouveau système
Lorsque réseaux, cyclage, électrification, restauration ou industrie du carbone deviennent de grands marchés, une partie des acteurs qui défendaient les actifs du XXe siècle peut acquérir intérêt à financer leur remplacement. L’alignement économique complète la contrainte réglementaire.
Une industrie nouvelle n’est pas soutenable par définition
Électrification, nouveauté technologique ou relocalisation ne suffisent pas. La néoindustrialisation se juge par son inscription dans un système bas-carbone, efficace en ressources, cyclable et capable de réduire ou restaurer les externalités.
La politique publique reste nécessaire mais sa fonction peut changer
Normes, prix du carbone, investissement public et politique industrielle ne disparaissent pas. Ils peuvent servir à rendre l’économie suivante plus attractive et plus prévisible plutôt qu’à seulement pénaliser l’économie ancienne.
La dépollution peut devenir un débouché industriel de grande échelle
Captage, récupération et restauration peuvent mobiliser des infrastructures, brevets, procédés et capitaux comparables à ceux de l’ancien extractivisme, mais avec une fonction systémique inversée : retirer et valoriser ce qui était auparavant dispersé.