FICHE 554 — Les matériaux biosourcés font du vivant une ressource industrielle renouvelable
ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES
Biosourcé décrit l’origine, pas la performance environnementale
Une matière issue de biomasse peut être durable ou non, biodégradable ou non, pertinente ou non selon son usage. Son intérêt doit être évalué par fonction, durée, production, fin d’usage et analyse de cycle de vie.
Le vivant peut fournir des matériaux avancés, pas seulement des substituts rudimentaires
Bois d’ingénierie, fibres végétales, lignine, cellulose bactérienne, mycélium ou molécules biosourcées peuvent entrer dans des applications techniques. L’opposition entre biomasse et haute technologie est donc artificielle.
Une ressource renouvelable n’est renouvelable que si son prélèvement respecte sa régénération
Remplacer massivement les ressources fossiles par des cultures dédiées peut déplacer les pressions vers sols, eau, biodiversité et alimentation. Les résidus, coproduits et flux secondaires doivent donc être valorisés en priorité lorsque c’est pertinent.
L’usage long transforme temporairement la matière biosourcée en stock de carbone
Une biomasse issue du cycle contemporain peut immobiliser du carbone pendant la durée de vie d’un bâtiment ou d’un produit. L’intérêt climatique dépend cependant de l’origine de la biomasse, du remplacement effectif d’autres matériaux et du cycle complet.
L’origine renouvelable ne dispense pas du cyclage
Une poutre, une fibre ou une molécule biosourcée doit être réemployée, transformée en cascade ou récupérée lorsque cela est possible. Brûler ou jeter rapidement une matière renouvelable peut gaspiller une ressource limitée.
Biodégradabilité et biosourçage sont indépendants
Un polymère végétal peut être non biodégradable et un polymère fossile peut être biodégradable. La dégradation biologique n’est souhaitable que lorsque la fonction exige un retour aux cycles naturels ; pour un usage durable, longévité et cyclage peuvent être préférables.