FICHE 315 — Les services écosystémiques peuvent devenir une production économique

ÉCLAIRAGES COMPLÉMENTAIRES

Dégrader un écosystème peut consommer un capital productif invisible

Lorsqu’un sol retient moins d’eau, qu’une zone humide n’amortit plus les crues ou que les pollinisateurs disparaissent, la société doit remplacer artificiellement des fonctions auparavant fournies gratuitement. La dégradation écologique peut donc créer des coûts futurs même lorsqu’aucun prix n’était associé à la fonction perdue.

Restaurer une fonction écologique peut être une production, pas seulement une dépense de réparation

Améliorer un sol, une zone humide ou un habitat augmente des capacités utiles à d’autres activités économiques. La régénération peut alors être considérée comme création d’infrastructure biologique plutôt que simple compensation d’un dommage.

Il n’est pas nécessaire de monétiser toute la nature

Le mécanisme peut se concentrer sur certaines fonctions mesurables et utiles sans attribuer un prix à chaque espèce ou élément naturel. La reconnaissance économique d’un service ne prétend donc pas épuiser sa valeur écologique.

Rémunérer un résultat diffère de rémunérer une contrainte

Au lieu de payer seulement pour l’abstention d’une pratique, un dispositif peut reconnaître l’amélioration observée d’indicateurs comme matière organique, qualité de l’eau, couverture végétale ou résilience hydrique. L’incitation porte alors sur la fonction effectivement restaurée.

Les bénéficiaires économiques peuvent financer la restauration lorsqu’elle évite des coûts supérieurs

Collectivités, opérateurs de l’eau, assureurs ou entreprises peuvent avoir intérêt à financer une fonction écologique si elle réduit ensuite inondations, traitement, érosion ou autres dépenses. La valeur produite peut donc être distribuée entre plusieurs acteurs sans vente directe d’un bien.

Mesurer suffisamment ne signifie pas mesurer parfaitement

Capteurs, télédétection et analyses permettent de suivre des indicateurs pertinents sans reconstituer toute la complexité d’un écosystème. Le système doit rechercher une mesure assez robuste pour orienter l’action, non une quantification totale du vivant.